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[learn_more caption= »Par Elizabeth Boskey »]
Elizabeth_Boskey_ViroChannelElizabeth Boskey, Ph.D., est une spécialiste certifiée en éducation en santé et une éducatrice en sexualité certifiée par l’American Association of Sex Counselors, Educators & Therapists (AASECT). Elle est également boursière indépendante, écrivaine et professeure en santé sexuelle.

Bien qu’elle se soit fait davantage connaître pour son guide sur les maladies transmises sexuellement sur le site web About.com, où elle écrit pour un site web sur la santé sexuelle destiné au grand public, elle prend plaisir à rédiger du contenu plus en profondeur pour les professionnels de la santé pour ViroChannel.

Elle-même chercheure, Elizabeth a publié de nombreux articles revus par les pairs sur la santé reproductive des femmes et siège sur le comité éditorial de la revue American Journal of Sex Education and Contemporary Sexuality – la revue de l’American Association of Sexuality Educators, Counselors, and Therapists.

Elle a également écrit ou collaboré à l’écriture de nombreux livres scientifiques tels : America Debates Genetic DNA Testing, The Truth About Rape et The InVision Guide to Sexual Health.
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La semaine dernière, des scientifiques du monde entier se sont réunis à Washington, DC, pour la 64e réunion de l’American Association for the Study of Liver Diseases, mieux connue sous le nom de « The Liver Meeting » (La réunion du foie). Ce fut un moment excitant pour les scientifiques, étant donné la présentation de nouvelles données sur un nombre de sujets très pertinents pour les médecins travaillant dans ce domaine. Ces sujets allaient d’une démonstration claire des avantages à long terme d’une transplantation hépatique pour les patients atteints de tumeurs neuroendocrines gastroentéro-pancréatiques (GAP-NET) à de la nouvelle information sur l’efficacité de tous les régimes thérapeutiques principalement sans interféron contre l’hépatite C (VHC).

Pour la première fois, les chercheurs ont présenté un nombre record d’études sur les combinaisons fixes dans le traitement du VHC. Toutefois, un point important de cette conférence est venu sous la forme d’une bonne nouvelle : les médecins attendaient depuis longtemps l’arrivée de combinaisons thérapeutiques sans interféron et les données d’efficacité de ces agents présentées à ce sujet étaient excellentes.

L’emphase était principalement mise sur les nouveaux développements dans le traitement du VHC, alors que plusieurs études ont examiné la possibilité d’un traitement avec uniquement des agents oraux ne contenant pas de peg-interféron.

Study 026
La plus grande des études, Study 026, est une étude de phase III de 222 patients japonais infectés par le génotype 1b n’ayant jamais reçu de traitement, et a étudié l’efficacité d’un traitement combiné comprenant le daclatasvir et l’ansunaprevir. Les chercheurs ont constaté une réponse virologique soutenue (RVS) chez 88,1 % de ces patients, à 12 semaines; un taux de guérison à 12 ou 24 semaines plus important et obtenu plus rapidement que celui attendu des traitements plus difficiles et moins bien tolérés comme le traitement avec peg-interféron/ribavirine/télaprévir. Les combinaisons sans interféron contiennent des agents qui attaquent le VHC à différents cycles de sa vie, interrompant sa réplication et la réduisant rapidement et permettant une élimination rapide du VHC dans le foie et le sang.

LONESTAR
Une deuxième étude appelée LONESTAR, comparant trois méthodes de traitement différentes avec la combinaison fixe (avec ou sans ribavirin) en zone urbaine, majoritairement chez des hommes (66 %) infectés par le génotype 1a, a constaté une grande efficacité similaire (avec une SVR de plus de 95 % à 12 semaines) pour ces traitement sans interféron. Les trois traitements étaient bien tolérés et ont engendré un haut taux de suppression virale (plus de 90 %), même dans la population habituellement difficile à traiter. De plus, cette étude a découvert que bien qu’un traitement à comprimé unique, donné une fois par jour, d’une dose fixe combinée de sofosbuvir et de lédipasvir était efficace chez cette population, l’ajout d’un autre antiviral direct (GS-9451) accélérait la suppression virale. Ceci pourrait réduire la durée du traitement et simplifier encore davantage la gestion des patients en mesure de suivre un traitement comprenant plusieurs comprimés. Toutefois, les traitements à comprimé unique et à plusieurs comprimés étaient tous deux de bonnes options thérapeutiques, dépendamment des besoins du patient.

All-Oral Combination of Faldaprevir, Deleobuvir, and PPI-668 With and Without RBV Effective in Treatment-Naive HCV Genotype 1a–Infected Patients
Une autre étude incluant des patients infectés par le génotype 1a, une étude de phase II, a comparé deux doses d’un régime thérapeutique à 3 classes combinant le PPI-668 (un inhibiteur du NS5A) avec le faldaprévir et le déléobuvir. L’étude était toujours en cours au moment de la réunion mais ses résultats étaient très prometteurs. Tous les patients qui avaient complété le traitement avaient des charges virales en-deçà des limites détectables. Il est toutefois important de noter qu’un des patients présentant à la fois les substitutions NS5A et NS5B a présenté une percée du virus et a dû être retiré de l’étude.

C-WORTHY
Parmi les autres traitements oraux à venir sous peu, on retrouve un régime thérapeutique combinant le MK-5172 (un inhibiteur de la protéase), le MK-8742 (un inhibiteur du NS5A) avec ou sans ribavirine. L’étude C-WORTHY, une première étude d’innocuité et d’efficacité de ce régime, a démontré des résultats prometteurs tant dans le génotype 1a que 1b pour des patients avec une fibrose très modérée (F1-F2), alors qu’à la semaine 4, tous les patients avaient une charge virale indétectable.

PHOTON-1
Enfin, les chercheurs de PHOTON-1 ont annoncé leurs données de RVS12 pour la combinaison de l’inhibiteur du NS5B sofosbuvir et de la ribavirine chez les patients co-infectés par le VIH et le VHC. Ils ont découvert que ce régime était bien toléré et sécuritaire lorsqu’utilisé avec une variété de traitements antirétroviraux contre le VIH, bien que cette efficacité variait selon le génotype de l’hépatite. Les patients infectés par les génotypes 2 et 3 étaient plus susceptibles de présenter une rechute virale que ceux infectés par le génotype 1. Après la fin du traitement, par contre, un nombre de patients ont présenté un échec de traitement, avec des taux de RVS12 de 76 % pour le génotype 1, de 88 % pour le génotype 2 et de 67 % pour le génotype 3 – des taux de guérison substantiellement plus élevés que ceux constatés dans les études historiques de l’interféron pégylée et de la ribavirine. De plus, la combinaison sofosbuvir et ribavirine était généralement sécuritaire et bien tolérée. Découverte particulièrement importante de cette étude : les taux de RVS12 étaient semblables à ceux observés chez les patients uniquement infections par le VHC.

AVIATOR
Il est important de noter que les bénéfices des régimes thérapeutiques sans interféron ne se reflètent pas seulement dans les données de RVS. Ces traitements améliorent également l’expérience du patient sous ce traitement. Ceci a été constaté dans l’étude AVIATOR où l’on étudiait de nombreux traitements sans interféron qui combinaient trois agents antiviraux directs, avec ou sans ribavirine, et qui analysait la qualité de vie des patients quant à leur santé et les résultats déclarés par les patients. Les chercheurs ont constaté que contrairement aux traitements précédents, les régimes thérapeutiques sans interféron préservaient la santé du patient, son fonctionnement et sa qualité de vie. En d’autres mots, les régimes thérapeutiques sans interféron améliorent non seulement l’efficacité et le fonctionnement du traitement, mais également la vie des patients.

Les données présentées à la réunion du foie suggèrent que ces traitements entièrement oraux pourraient même simplifier la gestion du traitement de certains des patients les plus difficiles à traiter, ceux qui ont reçu une transplantation hépatique.

COSMOS
Dans une étude de phase II d’un régime thérapeutique sans interféron (COSMOS), les antiviraux oraux sofosbuvir (un agent expérimental) et la ribavirine ont réussi à prévenir une récurrence du VHC chez plus de la moitié des patients.

Ceci est une amélioration significative par rapport aux traitements comprenant de l’interféron et ajoute à l’espoir d’une simplification du traitement pour les patients vivant avec le VHC.

Pour consulter les résumés et les affiches de l’AASLD 2013, visiter le http://www.aasld.org/livermeeting/Pages/Liver2013.aspx