Sélectionner une page

Dr Harold Dion

Dr. Harold DionHarold Christian Dion a fait ses études de médecine à l’Université d’Ottawa et sa spécialisation en médecine familiale à l’Université McGill. Il travaille depuis plus de 25 ans à la Clinique médicale l’Actuel à Montréal. Il est également co-rédacteur-en-chef de « e-Relais VIH » une revue en ligne canadienne et bilingue, destinée aux patients atteints du VIH. Au cours des 10 dernières années, il a écrit plusieurs chroniques sur divers problèmes de santé, destinées tant au grand public (Coup de pouce, 7 Jours, Reader’s Digest) qu’aux professionnels de la santé (L’actualité médicale, Le Clinicien, l’Omnipraticien, MedActuel FMC, Le Médecin du Québec).
Au cours de la session sur les nouveaux traitements qui a été présentée le mercredi matin à la 21e conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI 2014), trois études ont retenu mon attention.

Tout d’abord, la première concernait la doravirine (connue également sous MK-1439, un nouvel INNTI) qui a été prescrite à des doses différentes (25, 50, 100 et 200 mg) en association avec du ténofovir et du FTC, à 208 patients naïfs aux ARV, et comparée à l’éfavirenz. Après 24 semaines, 76% des personnes qui prenaient la doravine avaient une charge virale indétectable, en comparaison à 64% des personnes qui prenaient l’éfavirenz. La doravirine a été associée à un faible taux d’effets secondaires (nausée, diarrhée, étourdissements, fatigue et rêves anormaux) et c’est la dose de 100 mg qui a été retenue pour les prochaines études.

Ensuite, la deuxième portait sur l’étude LATTE (phase 2b) qui évaluait une nouvelle stratégie de traitement. 243 participants ont commencé avec une trithérapie qui comprenait un nouvel inhibiteur de l’intégrase (GSK1265744) à différentes doses (10, 30 ou 60 mg) avec soit du ténofovir et du FTC, soit de l’abacavir et du 3TC, ou de l’éfavirenz. Après 6 mois, ceux qui avaient une charge virale était indétectable pouvaient changer leur thérapie pour un traitement à base de deux médicaments qui comprenait une des trois doses de GSK1265744 avec de la rilpivirine. Après 48e semaine, la proportion des personnes ayant une charge virale indétectable était la même pour la bithérapie que pour la trithérapie. Ces résultats encouragent les chercheurs à poursuivre l’évaluation d’un premier traitement ARV sous forme d’injection mensuelle, comprenant une formulation à longue action du 744 LA et la rilpivirine LA.

Finalement, la troisième se rapportait à un nouvel inhibiteur d’attachement, connu sous le nom de BMS-663068. Cet essai multinational a recruté 251 patients, expérimentés au traitement ARV, avec un taux moyen de CD4 de 230 cellules/µL, et près de la moitié avait au moins une mutation importante. Toutefois, les participants ne devaient pas avoir de résistance au raltégravir, au ténofovir, ni à l’atazanavir. Ils ont été randomisés en 5 groupes : 4 groupes prenaient des doses différentes du médicament BMS-663068 (400 ou 800 mg BID ou 600 ou 1200 mg QD) et 1 groupe contrôle prenait de l’atazanavir potentialisé avec du ritonavir.

À la 24e semaine, tous les groupes ont atteint des résultats comparables : 80%, 69%, 77% et 72% des personnes prenant du 400 mg BID, 800 mg BID, 600 mg QD et du 1200 mg QD respectivement, ont obtenu une charge virale inférieure à 50 copies/mL, versus 75% des personnes du groupe prenant de l’atazanavir. Enfin, toutes les doses du BMS-663068 ont généralement été bien tolérées.

Les résultats de ces études démontrent bien que l’avenir des traitements anti-VIH, se porte bien…

Références

J Morales-Ramirez, J Gatell, et al. Safety and Antiviral Effect of MK-1439, A Novel NNRTI (+FTC/TDF) in Art-Naive HIV-Infected Patients. Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections (CROI 2014). Boston, March 3-6. Abstract 92LB.

D Margolis, C Brinson, J Eron, et al. 744 and Rilpivirine as Two-Drug Oral Maintenance Therapy : LAI116482 (LATTE) Week 48 Results. Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections (CROI 2014). Boston, March 3-6. Abstract 91LB.

J Lalezari, G Lattif, C Brinson, et al. Attachment Inhibitor Producing BMS-663068 in ARV-Experienced Subjects : Week 24 Analysis. Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections (CROI 2014). Boston, March 3-6. Abstract 86.