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Dr. Harold DionHarold Christian Dion a fait ses études de médecine à l’Université d’Ottawa et sa spécialisation en médecine familiale à l’Université McGill.

Il travaille depuis plus de 25 ans à la Clinique médicale l’Actuel à Montréal. Il est également co-rédacteur-en-chef de « e-Relais VIH » une revue en ligne canadienne et bilingue, destinée aux patients atteints du VIH.

Au cours des 10 dernières années, il a écrit plusieurs chroniques sur divers problèmes de santé, destinées tant au grand public (Coup de pouce, 7 Jours, Reader’s Digest) qu’aux professionnels de la santé (L’actualité médicale, Le Clinicien, l’Omnipraticien, MedActuel FMC, Le Médecin du Québec).

Récemment, j’ai assisté à la 21e conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI), qui s’est déroulée à Boston du 3-6 mars dernier. Au cours des prochaines chroniques, je vous en rapporterai les faits saillants…

J’ai choisi de débuter par l’étude PARTNER qui a été présentée lors d’une session orale le mardi martin* et qui a fait beaucoup jaser! Cette étude a été mise sur pied dans la foulée de la « déclaration suisse » de 2008, qui suggérait que les personnes atteintes du VIH, sous traitement ARV depuis plus de six mois et dont la charge virale était indétectable, ne pouvaient pas transmettre le VIH à un partenaire sexuel.

Les chercheurs ont donc recruté 1110 couples sérodiscordants (près de 40% étaient des couples homosexuels) dans 75 sites à travers l’Europe, qui avaient eu des relations sexuelles vaginales ou anales sans préservatif durant le mois qui précédait l’entrée dans l’étude. À tous les six mois, les partenaires VIH (+) qui recevaient un traitement ARV, devaient compléter un questionnaire évaluant leurs comportements sexuels, alors que les partenaires VIH (-) étaient dépistés pour le VIH ainsi que pour les autres ITSS. Des analyses génétiques permettaient également aux chercheurs de lier les infections à l’intérieur des couples.

Après un suivi de 18 mois, tous les partenaires séronégatifs hétérosexuels ont rapporté avoir eu des relations sexuelles avec pénétration vaginale sans condom (72% avec éjaculation) et une proportion importante ont aussi rapporté avec eu des pénétrations anales. De plus, 70% des partenaires homosexuels ont rapporté avoir eu des relations sexuelles anales sans condom (40% avec éjaculation).

Selon les chercheurs, l’étude a documenté environ 16,400 rapports sexuels chez les couples homosexuels et 14,000, chez les couples hétérosexuels. Les résultats définitifs sont attendus pour 2017, mais jusqu’à date, il n’y a eu aucun cas de transmission par le partenaire qui était porteur du VIH, lorsque la charge virale était inférieure à 200 copies/mL. À noter que, 27% des homosexuels ont eu des relations à l’extérieur de leur couple vs 2% chez les hétérosexuels et que16% des homosexuels vs 5% des hétérosexuels ont contracté une ITS (infection transmise sexuellement. Certaines personnes VIH (-) ont été infectées par le VIH, mais le virus n’était pas lié génétiquement à leur partenaire.

L’analyse statistique a démontré qu’une charge virale inférieure à 200 copies/mL réduisait les risques de transmission du VIH pendant les relations sexuelles vaginales de 99,5% et pendant les relations sexuelles anales de 99,0% (96% avec une éjaculation). C’est exactement le même résultat qu’avait obtenu l’étude HTPN 052, qui avait montré une réduction de 96%, la transmission du VIH lorsque le partenaire séropositif d’un couple hétérosexuel commençait un traitement ARV précocement.

L’étude PARTNER va se poursuivre jusqu’en 2017 et des résultats additionnels seront publiés. Mais les chercheurs ont déclaré qu’ils n’y avaient pas encore suffisamment de données pour conclure avec certitude de la sécurité des relations anales sans condom chez les partenaires sérodiscordants et qu’il faudrait prolonger le suivi pour encore une dizaine d’année, vu la croyance actuelle de sécurité dans certaines communautés…

* A Rodger, T Bruun, V Cambiano, J Lundgren, et al. HIV Transmission Risk Through Condomless Sex if HIV+ Partner on Suppressive ART : PARTNER Study. Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections (CROI 2014). Boston, March 3-6. Abstract 153LB.