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Par Dr Harold Dion

Dr Harold Dion Harold Christian Dion a fait ses études de médecine à l’Université d’Ottawa et sa spécialisation en médecine familiale à l’Université McGill.

Il travaille depuis plus de 25 ans à la Clinique médicale l’Actuel à Montréal. Il est également co-rédacteur-en-chef de « e-Relais VIH » une revue en ligne canadienne et bilingue, destinée aux patients atteints du VIH.

Au cours des 10 dernières années, il a écrit plusieurs chroniques sur divers problèmes de santé, destinées tant au grand public (Coup de pouce, 7 Jours, Reader’s Digest) qu’aux professionnels de la santé (L’actualité médicale, Le Clinicien, l’Omnipraticien, MedActuel FMC, Le Médecin du Québec).

Durant la 20e Conférence internationale sur le sida qui s’est déroulée à Melbourne en juillet 2014, j’ai assisté à une session orale le mercredi après-midi qui portait sur les co-morbidités et les co-infections au VIH, et où l’on a présenté les résultats d’une « sous étude pulmonaire » au sein de l’essai clinique START.

L’évaluation de la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) a été effectuée chez 1026 adultes naïfs au traitement ARV au début de l’étude START et aucun ne prenait de médicaments contre la maladie pulmonaire. Après avoir inhalé de l’albutérol/salbutamol, les participants ont subi des épreuves standardisées de spirométrie. Les chercheurs ont ainsi pu déterminer combien d’entre eux souffraient d’une MPOC (définie comme ayant un ratio FEV1/FVC inférieur au 5e percentile).

Les participants provenaient de 80 sites cliniques, dispersés dans 20 pays et tous avaient un taux initial de CD4 > 500 cellules/μL. 91 participants vivaient aux Etats-Unis, 103 en Asie, 191 en Amérique du Sud, 313 en Europe et 328 en Afrique. 29% des participants étaient des femmes et 38% étaient de race noire. L’âge moyen se situait à 36 ans, le taux moyen des CD4 à 648 cellules/μL et la durée moyenne de l’infection au VIH était de 1,2 ans. 49% des infections ont été transmises lors d’un contact sexuel entre hommes et seulement 1% lors d’injections de drogues.

La prévalence globale de la MPOC se situait à 6,8%. Elle était plus élevée en Europe et en Australie (9,1%), suivie des Etats-Unis (8,2%), de l’Afrique (7,8%), de l’Amérique du Sud (3,3%) et de l’Asie (2,0%). La prévalence variait également selon l’âge, avec un taux de 3,9% dans le groupe âgé de 25 à 30 ans, 6,7% dans le groupe âgé de 31 à 36 ans, 7,6% chez les 37 à 44 ans, et 9,2% chez les plus de 44 ans. Enfin, 47% des participants ont rapporté n’avoir jamais fumé au cours de leur vie!

Des analyses multi-variées de régression linéaire ont identifié trois facteurs de risque indépendants pour développer une MPOC : un âge avancé, le tabagisme et la provenance régionale des participants. Les chercheurs ont proposé que la différence régionale pouvait être un reflet d’une exposition différente à la poussière, la fumée ou à l’essence provenant de tuyaux d’échappement.

L’équipe de l’étude START prédit qu’à mesure que la survie des personnes vivant par le VIH va augmenter, la MPOC pourrait émerger comme une co-morbidité importante. Alors que depuis l’année 2010, la MPOC représente la 3e cause de mortalité dans le monde, l’équipe suggère de former les cliniciens en médecine VIH dans le dépistage, le diagnostic et le traitement de la MPOC.

Références

Kunisaki K, et al.  AIDS 2014. Chronic obstructive pulmonary disease (COPD) in a large international cohort of HIV-infected adults with CD4+ counts > 500 cells/mm3. 20th International AIDS Conference, July 20-25, 2014. Melbourne. Abstract WEAB0104.